Dans la colline du Schlossberg, à Hombourg, en Sarre, on a extrait du sable sous terre pendant des siècles. Des galeries existaient peut-être dès le Moyen Âge, mais l’exploitation systématique du sable quartzeux commence sans doute au milieu du XVIIe siècle. On s’en servait pour fabriquer le verre, comme sable de moulage pour la fonte et comme sable abrasif.
La ville et l’exploitant les présentent comme les plus grandes grottes de grès bigarré d’Europe. Les galeries s’étagent sur douze niveaux, dans un volume de 140 mètres de long et de 60 mètres de large.
Le grès bigarré
Les parois montrent les couches du grès bigarré du Schlossberg. Il y a environ 250 millions d’années, au début du Trias, le lieu se trouvait dans un paysage désertique, près d’une dépression. Les épaisses couches de sable jaune sont d’anciennes dunes, reconnaissables à leur stratification oblique. Les strates horizontales rayées de rouge se sont déposées sous une nappe d’eau temporaire et peu profonde : on y voit des rides, des fentes et des traces d’animaux.
Les usages successifs des grottes
Pendant l’occupation française, de 1679 à 1714, les grottes sont agrandies et servent de magasin. En 1708, la lettre de réclamation d’un officier rapporte pourtant que l’humidité, de 80 à 100 %, ne convient ni à la poudre à canon ni aux vivres.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, surtout en 1944 et 1945, Hombourg est lourdement bombardée. Plusieurs milliers de personnes se réfugient dans les grottes, parfois pendant des semaines.
De 1952 à 1955, on aménage dans les niveaux inférieurs un bunker destiné au gouvernement sarrois de Johannes Hoffmann ; l’hôtel bâti au même moment au sommet de la colline masquait le chantier. Celui-ci s’arrête avec la démission de Hoffmann en 1955, et la Sarre rejoint la République fédérale en 1957.
Un puits descend de 30 mètres jusqu’à l’ancienne cave à bière en fûts de la brasserie Karlsberg, un autre monte de 30 mètres jusqu’au sous-sol de l’hôtel Schlossberg. La plus grande salle, la « salle du trône », se trouve à 47 mètres sous l’hôtel. Son nom date des années 1960 : les grottes servaient alors de salle des fêtes, et l’on y élisait une « reine des grottes » qui prenait place sur le trône.
En 2003, une chute de sable du plafond de la salle du trône entraîne la fermeture des grottes. De 2003 à 2007, elles sont consolidées par des arceaux d’acier, pour environ 3 millions d’euros, avec le soutien du Land de Sarre, puis rouvertes au public.
Les grottes du Schlossberg en images
Sources : Homburger Schlossberghöhlen ; ville de Hombourg
Cette visite fait partie du catalogue des visites virtuelles du patrimoine souterrain.